Le projet de mobilisation des parents d’élèves de la région de l’Adamaoua a tenu le 20 décembre 2018 un atelier de restitution des résultats du sondage sur la gratuité de l’école maternelle et primaire dans la ville de Ngaoundéré. Présidée par le 3ème adjoint préfectoral, l’atelier a permis de dresser un bilan sans complaisance des goulots d’étranglement de l’application de cette mesure.

A chaque année scolaire, les questions de la gratuité de l’école maternelle et primaire publiques se posent avec acuité. La communauté éducative n’arrive toujours pas à s’accorder sur la question, avec d’un côté l’administration qui ne cesse de clamer la gratuité et les parents qui ne prennent pas l’exigence des frais d’APEE qui dépendent d’une école à une autre.

Afin de mieux adresser la question, la Dynamique Citoyenne a conduit dans la ville de Ngaoundéré du 13 au 19 septembre 2019 un sondage sur la question. Les résultats présentés ce jour à la maison de l’élevage durable de Ngaoundéré sont renversants.

’A chaque évaluation, les enseignants demandent 300f, 400f pour les photocopies. La gratuité de l’école que le président de la république a prescrite depuis 2001 tarde à s’appliquer sur le terrain. Les résultats révèlent que de nombreux parents démunis dans la ville de Ngaoundéré ont dû enlever leurs enfants de l’école du fait de ces frais fantaisiste. Les frais d’APEE ne sont pas uniformes, ce qui pose un réel problème’’, a déclaré madame Ousmanou Ndokondji Laoubaou, président de l’association Femmes Dynamiques de Bamyanga, initiatrice de l’enquête.

Dans cette recherche de la gratuité de l’école maternelle et primaire, les maires qui sont censés intervenir avec le paquet minimum dans le cadre de la décentralisation semblent se retirer de la chaîne. Lors de l’atelier de restitution des résultats, aucun maire et sous-préfet des arrondissements de Ngaoundéré n’était dans la salle.

‘’Nous avons reçu plusieurs plaintes des parents d’élèves, nous sommes allés rencontrer les chefs d’établissements qui n’ont pas une explication claire de la situation. Les résultats de cette enquête nous permettent aujourd’hui de définir des stratégies pour ne pas décourager les parents’’, a-t-elle ajouté.

De sources proches de l’enquête, certaines autorités administratives auraient refusé de fournir des éléments d’informations aux enquêteurs de la Dynamique Citoyenne.

Le représentant du préfet à l’atelier, le 3ème adjoint préfectoral de la Vina Manga Zenanga Franky Hervé a salué l’initiative de cette organisation de la société civile et a marqué l’accord des pouvoirs publics dans la réduction du taux de scolarisation dans la région, et surtout a invité les responsables de la structure à une lecture approfondie du décret de septembre 2001 portant gratuité de l’école maternelle et primaire au Cameroun.

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